Les jardins privés, un refuge pour la biodiversité ?

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Une enquête* de 2015 a interrogé les français sur le jardin de leurs rêves. Pour 30% d’entre eux, c’était un jardin potager ou fruitier. Pour 29%, c’était un jardin calme et relaxant. Enfin, pour 19%, c’était un jardin ludique et convivial, terrain de jeux pour les enfants et lieu où on reçoit les amis. Seulement 11% des personnes interrogées l’imaginait sauvage et écologique, tandis que les 11% restant rêvait d’un jardin esthétique et structuré (à la française).

Effectivement, les jardins privés sont perçus comme une pièce supplémentaire que chacun décorerait/organiserait à sa façon. Si il est normal d’aménager notre jardin en partie pour nos loisirs, il est devenu maintenant nécessaire d’y accueillir aussi la biodiversité. Après tout, les jardins privés couvrant plus de 2% du territoire national, c’est une superficie sur laquelle chacun d’entre nous a le pouvoir d’agir immédiatement.

Le rôle des jardins privés dans la sauvegarde de la biodiversité est peu connu (par manque d’études). Il est toutefois reconnu qu’ils atténuent les effets de l’urbanisation dès lors qu’il y a absence de produits phytosanitaires (il faut rappeler que les insecticides ne sont pas sélectifs et tuent tous les insectes) et qu’ils fournissent une alimentation et un habitat pour tous les insectes et animaux sauvages.

Qu’est-ce que la biodiversité ?

C’est l’ensemble des êtres vivants de cette planète et de leurs interactions (tous les êtres vivants, humains compris). Quand une espèce disparaît, c’est donc aussi des interactions qui disparaissent, plus ou moins nombreuses mais qui auront toujours un effet sur le monde tel que nous le connaissons. Quand une espèce disparaît, c’est l’écosystème qui devient un peu plus vulnérable.  Les scientifiques parlent maintenant de l’effet domino, la disparition d’une espèce entraînant d’autres disparitions en cascade.

Comment protéger la biodiversité ?

Pour accueillir et donc protéger la biodiversité, il faut commencer par inviter les auxiliaires du jardin. Qui sont-ils ?

Parmi les auxiliaires du jardin, on trouve d’abord les prédateurs qui se nourrissent des espèces ravageurs du jardin et ainsi régulent leur développement. Ces animaux vont du hérisson au lézard, de la coccinelle à l’araignée, …

Il y a ensuite les pollinisateurs qui transportent le pollen et permettent ainsi la reproduction des plantes. Nous pensons tous aux abeilles et bourdons, mais tous les insectes assurent ce service gratuitement.

Pour finir les décomposeurs qui recyclent la matière organique en matière assimilable par les plantes. On trouve dans cette catégorie les vers de terre, les cloportes, les collemboles, les bactéries et les champignons …

Comment attirer les auxiliaires ?

Pour attirer les auxiliaires, il faut avoir un jardin plus ‘naturel’. Pour cela, plusieurs astuces dont les plus faciles à mettre en place sont les suivantes :

  • Planter différentes essences d’arbres et/ou d’arbustes ; les oiseaux pourront ainsi venir nicher et réguler les populations d’insectes.
  • Privilégier les plantes indigènes et prévoir des arbres et arbustes dont la floraison s’étalent sur l’année pour nourrir les insectes.
  • Semer des fleurs et particulièrement des plantes mellifères pour nourrir les pollinisateurs (ce qui peut être fait même sans jardin, il suffit d’une fenêtre ou un balcon).
  • Tondre la pelouse moins fréquemment pour laisser le temps aux fleurs sauvages de s’installer.
  • Garder le produit de la tonte ainsi que les feuilles mortes pour pailler le pied des haies et des plantes, ce qui limitera ainsi les besoins en eau durant l’été.
  • Taillez les haies en automne ou hiver (quand il n’y a plus d’oiseaux dans les nids).
  • Varier les plantations pour préserver la qualité du sol, éviter les maladies, parasites et l’épuisement du sol.
  • Arrêter de faire la chasse aux mauvaises herbes qui sont très utiles pour donner des indications sur la nature du sol.
  • Composter les déchets (sauf viande et poisson, tout se qui se dégrade peut finir au compost).
  • Laisser des tas de bois, tas de feuilles mortes, des tas de pierres ou installer un muret en pierres plates non cimentées pour créer des abris pour les animaux et les insectes. De même, une petite zone sableuse ou terreuse laissée nue est un bon refuge pour les abeilles sauvages.

Nous pouvons tous protéger dès maintenant la biodiversité en renonçant au jardin propre et en choisissant le jardin exubérant, en travaillant moins et observant plus. Chaque espèce, même ordinaire, à sa place au jardin. Ainsi les millions de jardins privés peuvent renforcer la trame verte et bleue. Il suffit juste de changer nos habitudes.

 

* https://fr.statista.com/statistiques/520955/jardin-reves-francais/

Catherine

Catherine

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