Agrobiodiversité, sécurité alimentaire, santé …. même combat

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C’est la nature qui nous fournit ce que nous mangeons, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons,… Mais pour nourrir une humanité de plus en plus nombreuse, il faut à la nature une biodiversité forte et saine. Or la biodiversité décline, tous les rapports le signalent. Et cela concerne la biodiversité sauvage comme l’agrobiodiversité.

L’agrobiodiversité, qu’est ce que c’est ?

C’est la diversité des espèces, la diversité génétique, et la diversité des écosystèmes associés à l’agriculture ou créés par l’agriculture. Font parties de l’agrobiodiversité, les plantes cultivées et les animaux domestiqués mais aussi la faune du sol cultivé ou en pâture, les ‘mauvaises herbes’, …

L’agrobiodiversité, elle aussi, est en déclin

L’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a constaté que 10% des mammifères domestiqués par les êtres humains ont disparus (des races de vaches, moutons, cochons)  ainsi que 3,5 % des race d’oiseaux domestiqués. Les plantes cultivées, elles aussi, comptent de  moins en moins de variétés tandis que de plus en plus d’espèces invasives (conséquences de la mondialisation) perturbent les écosystèmes locaux.

Pire, si on étudie la provenance des calories consommées dans le monde, plus de la moitié proviennent de la culture du blé, du maïs et du riz. Seulement 3 cultures dont les variétés cultivées diminuent de plus en plus alors que, au cours de son histoire, l’être humain a cultivé plus de 6000 variétés de plantes (voir le rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Au Mexique, les agriculteurs ne cultivent plus que 20 % des types de maïs qu’ils faisaient pousser dans les années 1930 quant aux agriculteurs chinois, ils ne produisent que 10 % des 10 000 variétés de blés enregistrés en 1949.

Or si la l’agrobiodiversité permet une diversité de saveurs et de nutriments, elle est surtout indispensable à une sécurité alimentaire en permettant une meilleure protection des cultures à l’égard des ravageurs, des maladies et du changement climatique. Le proverbe : ‘Il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même paniervaut aussi pour l’agriculture. Ainsi, laisser l’agrobiodiversité décliner est dangereux pour notre survie.

Une agrobiodiversité plus faible dans les pays riches

Cette chûte de l’agrobiodiversité est provoqué par notre façon actuelle de produire et de nous nourrir : ce qui est planté, pêché, ce qui est proposé aux consommateurs et ce que nous, consommateurs, choisissons de manger.

On constate que l’agrobiodiversité est plus faible dans les pays riches, là où l’alimentation industrielle impose l’uniformité des cultures.

Et même quand les pratiques agricoles s’améliorent, il reste que la monoculture sur de vastes étendues  fait disparaître les écosystèmes ainsi que  les habitats naturels pour animaux et insectes.

Les politiques actuelles ne protègent pas, mais aggravent la situation en finançant l’agriculture conventionnelle, l’élevage industriel,…

Que faire pour freiner la chûte de l’agrobiodiversité ?

  • Côté politique, il faudrait des mesures pour favoriser le bio et les pratiques qui ne polluent pas, ne détériorent pas les terres mais les enrichissent et ainsi restaurer la santé de la terre et des gens. Pour cela, il faudrait ne plus prendre en compte que le seul rendement en poids, mais prendre en compte la qualité de la terre après la récolte, la sécurité alimentaire locale et les agriculteurs devraient être rémunérés pour ces services rendus. A noter, le Luxembourg est le premier pays européen à interdire le glyphosate en 2020.

La biodiversité des milieux agricoles et naturels sont liés. L’IPBES constate que la biodiversité est plus riche sur les terres où sont encore pratiqués le pâturage et l’agriculture familiale. Les pratiques de ces petits agriculteurs, qui produisent sans détruire la vie de l’écosystème dans lequel ils évoluent, devraient inspirer celles des gros agriculteurs actuels.

  • Côté producteurs, ils doivent diversifier les espèces élevées et les variétés cultivées, arrêter la monoculture.

En France, les agriculteurs se retrouvent confronter au problème du catalogue officiel. Ils ne peuvent semer que des graines qui font partie du catalogue officiel ce qui les obligent à passer par les semenciers (d’où une disparition des semences locales et une moins grande adaptabilité des plantes au sol, au climat, aux conditions locales ce qui permettrait de réduire engrais et pesticides). Le réseau Semences Paysannes se bat pour que les agriculteurs puissent utiliser les semences produites et sélectionnées par eux afin d’avoir des semences adaptées à l’environnement où elles ont été produites.

  • Coté consommateurs, cela nécessite plus de conscience sur les enjeux de notre alimentation et s’éloigner du mode de consommation proposé par les grandes surfaces.

C’est donc préférer les produits bios et sans transformation, acheter de saison et local. Mais aussi élargir son régime alimentaire et favoriser les produits végétaux : légumes, légumineuses, céréales anciennes tels que : épeautre, seigle,.. Refuser les produits qui utilisent des cultures liées à la déforestation comme l’huile de palme et pour le soja favoriser celui qui est local et respectueux de l’environnement. Diminuer sa consommation de viande et privilégier la viande et les produits laitiers de pâturages (en effet, les conditions de vie des animaux dans les élevages intensifs sont inacceptables mais en plus, une trop grande consommation de viande (poisson inclus) est désastreuse au niveau écologique et néfaste pour la santé de chacun).

Et ne pas oublier de multiplier les petits gestes : acheter juste ce dont on a besoin pour ne pas gaspiller, boire l’eau du robinet, acheter en vrac,…

Pour avoir une alimentation durable, qui préserve l’environnement, la santé et la diversité, il faut prendre de bonnes habitudes. Pour y arriver, plusieurs étapes. Faire le constat de ses habitudes alimentaires actuelles, réfléchir à ce que l’on veut changer immédiatement, y aller progressivement, ne pas tout changer en même temps, et s’y tenir… Il faut au moins 3 semaines au cerveau pour qu’un geste, une action deviennent une habitude mais cela peut être beaucoup plus long.

Catherine

Catherine

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